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Après une nuit passée dans le hall de l’aéroport de Bangkok, nous sommes arrivés hier matin à Vientiane, la capitale du Laos.

Après l’atmosphère foisonnante de l’Inde, nous avons plus qu’apprécié nos premières heures en territoire laotien. Comparativement à l’Inde, la capitale s’apparente plus à une petite ville de province très, très tranquille et quasi déserte (ce que l’on comprend lorsqu’on sait que seulement 250 000 habitants la peuplent, ce qui fait peu contrairement aux villes indiennes « multimillionnaires »). Le Laos a la réputation d’être l’un des pays les plus paisibles du sud est asiatique, et nous avons vite pu constater cette évidence.

Ancienne colonie française, il abrite également un important héritage de l’Hexagone, dont nous avons bien vite reconnu les bienfaits après plusieurs mois éloignés de notre cher pays. Nous avons ainsi regoûté au plaisir d’une bonne bouteille de Côtes du Rhône en savourant un bœuf bourguignon aussi bon qu’à la maison hier soir, tandis que notre petit déjeuner de ce matin a été pris à la boulangerie « Le croissant d’or » (pas la peine de vous préciser quel a été notre menu), et que notre déjeuner s’est composé d’un sandwich, et à la baguette s’il vous plaît. C’est incroyable le plaisir que l’on peut avoir à manger comme chez soi après des semaines sans avoir goûté au moindre aliment qui y ressemble!

Hormis cette parenthèse culinaire (qui reste, il faut bien le reconnaître, un des points majeurs de notre première journée laotienne), Ludo a enfin troqué sa coupe de roots et sa moustache d’indien pour un style qui s’apparente plus à celui d’un militaire (mais pas pour longtemps, ça repousse vite ces choses-là). Pendant ce temps là, je goûtais un peu à mes dépens au plaisir très relatif d’un massage laotien, mes muscles encore endoloris par notre récent trek ayant que très peu apprécié les nombreuses manipulations que l’on appelle ici « massage ».

Non, nous ne nous sommes quand même pas contentés de ces petits plaisirs sensoriels. Nous avons également visité hier un musée bouleversant sur le fléau encore actuel des explosifs non désamorcés dans le pays. Le Laos, petit pays « piégé » entre la Thaïlande et le Vietnam, a été la victime collatérale de la guerre du Vietnam qui a sévi dans la région dans les années 60 et 70. Hormis les très nombreuses pertes humaines à cette époque du aux bombardements quotidiens des avions américains (qui a d’ailleurs conduit à l’édification de villes entières dans des grottes pour y échapper), ces engins explosifs continuent de faire des morts chaque jour dans le pays. Enfants sur le chemin de l’école, paysans se rendant sur leurs terres… 30% des bombes utilisées par les américains seraient encore prêtes à sauter à tout moment dans le pays, soit plusieurs dizaines de milliers. A cela s’ajoute la pauvreté et l’ignorance de certains laotiens des campagnes, qui les poussent à chercher ces engins pour revendre leur métal, souvent au péril de leur vie. La visite du musée comprend des témoignages de familles dévastées par ces accidents, ainsi que de nombreux membres artificiels que le centre de rééducation voisin utilise pour accompagner les victimes, gratuitement grâce à de maigres aides internationales. Une situation qui a été une quasi découverte pour nous malgré sa gravité, laissant perplexes quant à l’absence des Etats-Unis dans le désamorçage de ces pièges, des décennies après un conflit qui continue pourtant de faire des morts chaque jour. Cette épée de Damoclès qui menace les laotiens est un obstacle majeur au développement d’un des pays les plus pauvres de la planète, rendant impossible le tracé de nouvelles routes, la création de nouvelles écoles, l’extension des terres agricoles…

Désolés de vous avoir sapé le moral, mais ça a atteint le nôtre alors nous avions besoin de partager cela. Finissons sur une note plus positive et plus légère qui vous prouvera qu’on ne s’est malgré tout pas laissés abattre, avec les photos!

    1 Commentaire

  1. Ce que tu nous racontes semble tellement surréaliste, tellement difficile à croire et c’est pourtant la triste réalité de ce pays. Double peine pour ce petit pays qui semble si attachant ! Ce n’est certainement pas une bonne publicité pour les Etats-Unis.

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