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Après les beautés argentines, nous revoilà du côté du Chili pour la fin de notre périple patagon. A peine passée la frontière que nous quittons la pampa à perte de vue pour des paysages plus verts, plus vallonnés et moins hostiles (c’est du moins l’avis de Camille), peuplés essentiellement de moutons et de chevaux.

Puerto Natales

Nous faisons halte dans la petite ville de Puerto Natales, en pleine expansion en même temps que celle du tourisme qui a fait son apparition depuis une quinzaine d’années. Le lieu n’en a pas encore perdu de son charme et de son allure de bout du monde (d’ailleurs on commence à trouver ici des lieux appelés « route de la fin du monde », pas vraiment rassurant tout ça…), et garde une atmosphère de village où les « natifs » sont encore largement majoritaires.

Puerto Natales
Nous serons accueillis chez une petite dame tenant une auberge non officielle, et ferons de sa maison notre camp de base avant de partir explorer le parc voisin de Torres del Paine. Une chambre et une salle de bain rien que pour nous comme à la maison, et un petit déjeuner concocté avec soin, il n’en faut pas plus pour nous rendre heureux et prendre des forces avant les efforts qui nous attendent!

135 kms à pied, ça use, ça use… mais ça vaut le coup!

L’entrée dans le parc de Torres del Paine, le plus grand du Chili et surtout un des plus fréquentés de Patagonie, se fait pourtant de manière bien simple, par une piste en terre qui slalome entre les troupeaux de guanacos, ces animaux sauvages endémiques à cette région australe qui ressemblent à des lamas.
Une fois entrés dans le parc, nous devons nous acquitter d’un droit d’entrée pas vraiment donné pour les étrangers, et assistons à un briefing assez lourd sur les règles à respecter dans le parc, le site ayant en effet subi un gros incendie en 2011 causé par un touriste imprudent. Nous nous élançons alors pour le circuit en forme de W, le plus connu et donc le plus fréquenté, qui est recommandé pour 5 journées de marche.

Notre première journée ensoleillée nous permet de voir les tours les plus spectaculaires sous un ciel parfaitement dégagé, et l’affluence du site n’enlève rien à la beauté du lieu. Une première journée assez tranquille qui se termine par un repas en compagnie d’un groupe de françaises ; le nombre d’étrangers est tel que les discussions de forment souvent entre personnes parlant la même langue, un peu par facilité (mais ça fait aussi du bien parfois de parler avec ses compatriotes!).

Le deuxième jour, nous longerons des lacs de couleur bleu azur aux noms (norvégiens?) imprononçables sur un sentier en balcon, jusqu’à arriver au campement Italiano qui permet de faire l’aller-retour vers la « vallée française », qui a effectivement un petit air de nos montagnes. Cette journée a été particulièrement longue, puisqu’avec l’aller-retour vers le point de vue (celui-là sans les gros sacs depuis le camping!), nous aurons fait 36 kms dans la journée…

Au troisième jour, une autre grosse journée nous attend pour rejoindre le refuge Grey. Nous continuons d’avancer en croisant et dépassant beaucoup de monde, et nous demandons ce que ça doit être eau plus haut de la saison! On avance bien, et l’idée de refaire un dernier long aller-retour pour finir le circuit du côté ouest ne nous enchante que moyennement… Si bien qu’on modifie nos plans et décidons de partir pour la boucle entière autour du massif. N’ayant pas prévu de nourriture pour plus de 5 jours et n’ayant plus beaucoup de jours devant nous, nous devons par contre respecter le planning de départ malgré les kms supplémentaires de ce circuit complet. Cette journée difficile nous récompensera bien de nos efforts avec la vue spectaculaire sur l’immense glacier Grey et ses ponts suspendus au-dessus de canyons vertigineux.

Après une nuit au campement Paso très tranquille avec pour seule compagnie un allemand (contrairement aux deux campings précédents où nous avions pour compagnie environ 236 allemands, français, chiliens, américains et brésiliens), nous nous élançons vers le passage du col John Gardner à 1200 m (seulement) d’altitude, où nous devrons terminer par 200 mètres de dénivelé dans la neige. Cette fois encore nous avons de la chance avec la météo, et pouvons profiter de la vue plongeante sur le glacier avant de basculer de l’autre côté du col. Après une descente sympa dans la neige qui nous trempera les pieds, nous redescendons dans la vallée jusqu’au campement Dickson, situé en bord de lac. Nous passerons la dernière nuit de camping à tester les limites de la tente – avec succès! – puisque nous aurons le droit à de belles rafales de vent combinées à de la pluie et du grésil.

Le lendemain pourtant, le ciel est à peu près dégagé pour notre dernière journée de marche, et c’est tant mieux car ce sont encore 35 kms qui nous attendent pour boucler la boucle! Nous aurons alors le droit à tout l’éventail météo possible en une journée en Patagonie : un grand soleil au départ, suivi d’une averse, suivi d’un très fort vent (heureusement de dos pour nous) en rafales qui ne nous quittera pas jusqu’à l’arrivée, nous déstabilisant ou nous obligeant à courir parfois, et allant même jusqu’à arracher le protège-sac de Ludo que nous ne pourrons pas retrouver!

Hormis les douleurs de pieds, ces 135 kms de trekking nous laisserons un beau souvenir ; les paysages de Patagonie sont décidément assez incroyables ! Un petit bémol cependant, une fois n’est pas coutume, concernant le travail des gardes du parc : malgré une très forte fréquentation et un droit d’entrée assez élevé, l’entretien et la signalétique ne sont pas toujours à la hauteur de la renommée du site, et on voit plus souvent les « rangers » boire leur maté que s’occuper des sentiers…

Epilogue : se méfier du moins disant

Une petite anecdote pour clore ce chapitre sur Torres del Paine s’impose. Pour nous rendre dans le parc, nous avions réussi, fiers de nous, à négocier un prix de transport en bus aller-retour 1/3 moins cher que les concurrents. Mais nous avons payé de notre personne ce choix basé sur le seul intérêt financier : d’abord à l’aller, où le chauffeur du bus continuera de rouler malgré l’alarme sonore (qui aurait pourtant réveillé un sourd!) qui résonnait dès la première montée à la sortie de Puerto Natales. Après quelques kms comme ça et alors qu’une odeur de chaud commence à se faire sentir, il sera pourtant obligé d’abdiquer, et nous serons gentiment « secourus » par un bus concurrent à bord duquel nous montons.
Au retour, première surprise, nous retrouvons le même bus qui a dû être réparé, et… le même chauffeur un peu bourru (fait qui se vérifiera par la suite). Et là, après à peine 200 mètres, au premier virage, le chauffeur nous envoie dans le décor et nous finissons dans un fossé, notre premier accident en 12 mois de voyage après avoir passé bien des trajets en bus, parfois miraculeusement sans encombres! L’incident nous aura plus fait rire qu’autre chose, et après un sauvetage cette fois par la seule fenêtre ouverte au fond du bus, nous voilà à nouveau au chaud dans un autre bus! On commence alors à se demander si ce n’est pas nous qui portons la poisse, mais nous arriverons finalement tardivement à bon port!

 

    1 Commentaire

  1. Concernant l’épiloque, j’ai bien l’impression que vous avez eu à faire à un voyage tronqué..

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