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Notre chemin vers la frontière vietnamienne nous a donné l’occasion de passer par la ville de Vieng Xai, petite bourgade très paisible et pourtant chargée d’histoire. Signifiant « ville de la victoire », Vieng Xai témoigne en réalité d’un lourd passé. Nous avons passé une journée à visiter les grottes de cette petite bourgade qui a servi de refuge aux dirigeants du parti communiste laotien, le Pathet Lao, durant la guerre du Vietnam, de 1964 à 1973.

Le Laos a été le théâtre d’une terrible « guerre secrète » de la part des Etats-Unis pendant plus de dix ans (secrète car jamais les Etats-Unis n’ont jamais décrété officiellement la guerre à ce petit pays), qui le considéraient alors comme étant « menacé » comme son voisin nord-vietnamien par le communisme, et donc d’attirer les faveurs du bloc soviétique en pleine guerre froide. Alors que la guerre était officiellement déclarée côté vietnamien, le Laos est tristement devenu le pays le plus bombardé de l’histoire, avec deux millions de tonnes d’explosifs déversés, soit plus de 2000 tonnes par km²…

Les élites du parti communiste laotien, le Pathet Lao, après plusieurs assassinats dans la capitale, ont alors cherché un lieu « sûr » pour s’abriter au cours de ces sombres années. C’est dans la localité de Vieng Xai que les principaux leader politiques communistes se sont réfugiés, à proximité du nord Vietnam communiste dont ils pouvaient espérer un soutien, mais aussi dans la région la plus touchée par les bombardements.

Ce sont donc dans les galeries karstiques que ces politiciens ainsi que leurs 2000 « camarades combattants » ont trouvé refuge, en agrandissant les grottes naturelles nombreuses dans la région. Pendant 9 ans, toute une vie s’est organisée autour de ce réseau de grottes afin de survivre aux bombardements quotidiens, avec des écoles, des hôpitaux, ou même une imprimerie… Aussi incroyable que celui puisse paraître, ce sont près de 20 000 habitants de la région qui se sont servi de ces abris pour réussir à vivre malgré le flot incessant (et inexpliqué pour la plupart des paysans laotiens bien éloignés des préoccupations politiques) de bombes américaines…

Le plus incroyable dans cette histoire, est qu’une personne par jour meurt encore au Laos de ces bombes non désamorcées, alors que les Etats-Unis ne participent pas au lourd travail de désamorcement de ces explosifs (30% des 270 000 bombes déversés), et refusent de signer la convention d’Oslo (adoptée en 2008 et signée par 94 pays dont la France et prévoyant justement l’enlèvement de ce type d’explosifs). Il y a de quoi se poser des questions sur la responsabilité des Etats-Unis dans cette triste situation qui continue de tuer des innocents…

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