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Arriver dans ce petit village n’est pas une mince affaire. Il faut d’abord réussir à prononcer l’imprononçable afin de pouvoir se diriger dans sa direction. Il faut ensuite être prêt à affronter les bus laotiens (qui nous rappellent étrangement ceux de l’Ouganda, où la surcharge et les pauses impromptues sont la règle), puis le bateau, seul véritable moyen de transport permettant de rejoindre le village. Mais déjà en route, les paysages qui bordent la rivière Nam Ou ne font pas regretter le déplacement.

A peine arrivés, c’est le charme encore préservé de ce petit village qui nous a tout de suite plu. Bien que les guides touristiques commencent à mentionner ce petit village pour son cadre et comme point de départ d’excursions, le village garde encore une authenticité que nous n’avions pas encore eu le temps de découvrir au Laos, puisque nous nous étions pour l’instant plus concentrés sur les villes.

Muang Ngoi Neua était un centre régional jusqu’à ce que les bombardements durant la guerre du Vietnam en détruisirent la grande partie. Aujourd’hui encore, on trouve encore de nombreux missiles américains (désamorcés !) dans le village, qui servent aussi bien à consolider une marche en terre que comme pot de fleur… On trouve également plusieurs grottes dans le coin qui ont servi de refuge aux habitants durant plusieurs années, lorsque les bombardements faisaient rage dehors.

Nous avons profité de ce cadre exceptionnel, entre falaises karstiques, rivière et rizières, pour nous élancer dans 2 jours de trek aux alentours. La première journée a consisté en une ascension pour atteindre un village Kahmu (une des principales ethnies présentes dans le nord du pays), où nous avons passé la nuit. Bien que le village soit désormais relié par une route traversée essentiellement par une compagnie chinoise exploitant un barrage en contrebas, le village semble encore hors du temps. Les quelques 200 kahmus qui y vivent semblent en effet subvenir à leurs besoins en cultivant légumes et rizières à 1 heure du village, en chassant, en cueillant du bambou (qui peut servir autant pour la construction de maisons que comme aliment), ainsi qu’en se servant du bois des forêts alentours, tandis que de nombreux animaux d’élevage cohabitent dans le village. Un mode de vie encore très traditionnel d’après le tout petit aperçu que l’on a pu en avoir ! Les panneaux solaires ont fait leur apparition, permettant aux villageois d’avoir un peu d’éclairage le soir, et une arrivée d’eau permet d’alimenter les familles.
Après une soupe de bambous et du « sticky rice » 100% local (un riz collant que l’on cuit à la vapeur dans un plat en bambou) et du lao lao (l’alcool fort laotien à base de riz), pas mécontents d’avoir échappé à l’écureuil, au chien ou autre « spécialité locale », nous avons dormi paisiblement, l’estomac plâtré de riz, dans notre dortoir en compagnie de la famille qui nous hébergeait pour la nuit sur un sol… en bambou !

Le lendemain, la journée de marche a été plus facile, puisque nous sommes redescendus vers la rivière Nam Ou avant de rejoindre le village de départ en bateau. Il ne nous reste désormais que le kayak à expérimenter avant d’avoir fait le tour des activités possibles dans la région et de rejoindre la civilisation !

 

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