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Après avoir passé un bon moment en compagnie de Mario et Maikael, nos deux nouveaux amis cubains, et le ventre plein de langouste (!), il faut pourtant reprendre la route pour avancer un peu en direction de notre prochain objectif, la baie des cochons. Pour y parvenir, il nous faudra encore affronter un vent de face coriace et des routes défoncées, avant d’atterrir sur l’autoroute pour 70 kms. Mais qu’importe, l’arrivée dans la baie des cochons, tant pour son histoire que pour son sable fin, mérite bien des efforts.

La baie des cochons

Après une première nuit dans une casa particular où l’on se croirait de retour en Inde tant on cherche à nous faire consommer (et payer) le plus possible, on regrette presque nos adresses loin des sites touristiques, où le service n’était peut-être pas le même, mais où les rapports humains étaient plus vrais.

Revolution encore et toujours
Plage du débarquement des américains en 61
Playa Larga
Plage de la victoire des cubains sur les américains

Côté lieux, on descend la baie côté est de la « playa Larga » à la « playa Giron », les deux sites attaqués par un groupe de cubains exilés commandité par les Etats-Unis en avril 1961 et qui ont subi une défaite sans nom à leur arrivée dans la péninsule, accueillis par un bataillon de cubains préparés et déterminés à la victoire. Cette victoire du peuple cubain contre « l’impérialisme américain » est une immense fierté pour le pays, et de très nombreux rappels de la « victoire historique » sont présents un peu partout sur les bords des routes comme dans le musée consacré à l’évènement.

Cienfuegos

Nous arrivons ensuite dans la petite province de Cienfuegos, et dans sa capitale du même nom, pour une halte d’une journée bien méritée après 14 jours de pédalage non stop. Cette jolie ville présente un centre historique très inspiré des boulevards Hausmann parisiens (la ville a en effet été fondée au XIXème siècle sous impulsion française) que le classement récent au patrimoine mondial de l’UNESCO devrait permettre de préserver (s’il n’est pas déjà trop tard pour certains bâtiments déjà très dégradés…). De nombreux édifices anciens méritent la visite, et son environnement formé par la grande baie de Cienfuegos la rend bien agréable.

Après 24 heures de pause, on a pourtant l’impression d’avoir déjà fait le tour et on repart sur les routes rechargés et motivés le lendemain pour une autre ville tout aussi prometteuse…

Trinidad

Située à 2 petits kms des côtes, la ville de Trinidad de Cuba fait partie des incontournables du pays en raison de sa richesse architecturale et patrimoniale. La ville a en effet prospéré au XIXème siècle, alors que de grandes cultures de canne à sucre étaient exploités par des milliers d’esclaves débarqués directement au port de Trinidad. Les riches marchands de l’époque ont laissé derrière eux de magnifiques bâtisses coloniales en ville et des fermes coloniales dans la vallée voisine de los Ingenios, pour la plupart remarquablement préservés grâce au classement au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Côté atmosphère, on regrette tout de même un peu le manque d’authenticité dans le centre historique érigé en véritable musée vivant. Il semble en effet que les touristes soient aussi nombreux que les cubains, et les musiciens placés à chaque coin de rue jouent invariablement le répertoire de Buena Vista Social Club et de chansons sur « Le Che »pour correspondre au cliché que les étrangers ont de Cuba… Cela n’enlève rien à la beauté et à l’animation de la ville.

Pour notre journée de repos, nous nous embarquons dans une visite des environs de Trinidad du côté de la vallée de los Ingenios. Un petit tour à vélo qui ne sera finalement pas de tout repos, puisqu’on se retrouve sur des chemins boueux avec des passages à guet…

Santa Clara, dernière étape

Après une soirée bien arrosée en compagnie d’un groupe de cubains (le rhum c’est traître…), nous sommes repartis tant bien que mal de Trinidad au petit matin pour notre dernière journée de vélo cubaine. La dernière étape sera la plus montagneuse, puisque nous devons traverser le massif de l’Escambray, deuxième plus haut du pays. Et en matière de côtes, les cubains ne font pas dans la dentelle : l’ascension des deux cols se fait sur des pentes à plus de 15% où même nos plus petits développements sont limites et nous obligent à zigzaguer sur la route pour adoucir un peu le relief…

Dernières pizzas sans saveur et « refresco » engloutis sur le bord de la route, et nous arrivons dans l’après-midi et sous la pluie à l’entrée de Santa Clara, où se trouvent le mémorial et le mausolée du héros national Ernesto Che Guevara, qui libéra la ville durant la révolution cubaine.

Mémorial du Che

Le lendemain, nous devions prendre le train pour La Havane, mais le sort en a décidé autrement puisqu’il nous sera finalement impossible de monter avec nos vélos… Nous parvenons tout de même à nous faire accepter à bord d’un bus pour notre dernier trajet du voyage ! Il nous reste alors à peine 48 heures pour nous préparer au grand retour à la maison ! Nous retrouvons alors l’agitation de La Havane, où nous sommes partagés entre le charme certain de la capitale, mais aussi l’énervement face aux incessantes sollicitations pour donner nos sous… Le lundi est consacré aux préparatifs pour l’avion et le retour à la maison, on a beau y avoir pensé depuis longtemps ça fait tout drôle lorsque le moment se rapproche!

Santa Clara

Nous prenons une dernière fois la route à bord d’une vieille Chevrolet pour rejoindre l’aéroport José Marti de La Havane qui sonne la fin de 388 jours de voyage!!

Aéroport de La Havane avec le vélo dans le coffre

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