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Après un bref passage par Bogota, ville que nous commençons à connaître puisque nous y passons pour la 4ème fois du voyage, c’est avec un brin de nostalgie colombienne (oui, on vous l’a déjà dit, la Colombie c’est un de nos coups de cœur) que nous repartons chargés de nos vélos vers notre ultime destination de ce long voyage, Cuba.

Destination longtemps réfléchie avant de se décider pour une dernière folie avant de rentrer à la maison, Cuba nous intriguait depuis le début du voyage, et le temps est enfin venu de découvrir ce curieux pays. Le moment semble être bien choisi, étant donné que ce dernier est en train tout doucement de renouer le dialogue avec « l’ennemi américain » ; si l’on en croit les « spécialistes », c’est maintenant ou jamais que l’on doit découvrir l’authentique Cuba tel qu’il l’est depuis 1959, avant la grande transformation que des relations retrouvées avec les grandes puissances de ce monde pourrait entraîner. Parce qu’en effet, et vous allez vous en rendre compte au fur et à mesure de nos récits, rien ne semble avoir vraiment changé depuis la révolution de Fidel Castro and co contre le dictateur Batista vaincu en 1959…

La Havane
La Havane
La Havane

Après plus d’un mois passé dans le froid patagonien et dans des pays aux niveaux de vie proches de la France, notre arrivée à la Havane est un beau dépaysement, et ce malgré notre habitude à nous adapter à ces changements de lieux soudains. Les rues de la capitale ont plus l’air de celles d’une ville de province : ça grouille de partout, les vieillards font le guet sur leur rocking chair (qui se révèlera être un incontournable à Cuba), les enfants jouent dans la rue, les femmes papotent devant le pas de la porte, les hommes attendent les clients (ou font la sieste) sur leur vélo-taxi, ça fait la queue devant les gargotes « locales »… Seul le défilé des fonctionnaires en tenue de travail au petit matin rappelle que nous sommes bien dans la capitale.

Deux mondes parallèles

Les gargotes, parlons-en justement, c’était une de nos premières « expériences » cubaines. Dans ce pays, deux monnaies qui se côtoient : le peso cubain (ou CUP), qui permet de manger dans les petits « restaurants » d’Etat et qui est LA monnaie des cubains, et le peso convertible (CUC), mis en place grosso modo pour les touristes. Il n’est pas interdit aux étrangers de se procurer des pesos cubanos, alors nous avons bien évidemment (et comme beaucoup de touristes) échangé des pesos convertibles en « monnaie locale » afin de pouvoir manger… ben local. Nous partons les poches remplies de ces coupures de 20 pesos (en sachant qu’il en faut 24 pour faire 1$) faire la queue devant une des petites gargotes proposant pizzas, spaghettis et sodas ; ces plats sont la base de l’alimentation des cubains dans la rue et deviendront nos alliés lors des 3 prochaines semaines de pédalage. Après une attente assez longue dans la rue derrière une grille où se trouve la cuisine, nous sommes servis en pizza – enfin une de ces versions très simplifiées se composant pour ainsi dire d’une pâte à pizza, d’une cuillère à soupe de sauce « légère » vaguement tomatée et de quelques morceaux de ce qu’on appelle fromage râpé. La pizza engloutie, l’addition est tout aussi légère que le repas, à peine 10 CUP (monnaie locale), soit moins de 50 cents de $ pour nos deux pizzas. On a quand même encore faim, alors on retourne dans la « rue de touristes » et on entre dans un restaurant pour terminer notre déjeuner avec deux salades et deux jus de fruits, que l’on paye cette fois-ci plus de 5 CUC (ce qui nous serait apparu comme relativement raisonnable si l’on n’avait pas été dans la rue juste avant).

On découvre alors la coexistence de deux mondes parallèles : d’un côté les cubains aux salaires de misère ne pouvant s’offrir autre chose que des plats sans saveur mais à un prix défiant toute concurrence, et de l’autre les touristes venant s’offrir langoustes et autres mets de choix dans des restaurants aux prix se rapprochant de ceux des pays développés… A chacun son resto : forcément, ça limite un peu le brassage.

En découvrant la démarche de bien des havanais tentant au nom de n’importe quel mensonge de soutirer quelques pesos aux étrangers venus dépenser leur argent ici, nous sommes un peu dérangés mais comprenons alors bien la tentation que l’on représente, quand on sait que le salaire d’un médecin cubain est d’une trentaine de CUC par mois alors que c’est la somme que beaucoup de touristes dépensent pour passer une soirée…

La Havane
La Havane
La Havane
La Havane

Hormis ces premières découvertes, La Havane nous enchante par son ambiance, ses rues animées, ses édifices de toute beauté. Nous déambulons entre les quartiers aux ruelles étroites et aux maisons colorées, passons par les grandes artères où les vieilles Cadillac se partagent la route avec les Lada et les carrioles tractées par les chevaux, levons la tête vers les bâtiments du XVIIIème siècle, déchiffrons les slogans révolutionnaires omniprésents sur les murs, regardons travailler les recycleurs d’objets en tous genres, assistons à la vie des familles havanaises ayant une intimité bien limitée en raison des portes et fenêtres toujours grandes ouvertes… qu’il est déjà temps de repartir à deux roues pour découvrir les autres visages de Cuba.

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