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Au revoir la Colombie, bonjour Equateur

Après un passage de frontière sans encombre, nous voilà pour 5 jours en Equateur, pays qui mériterait très certainement beaucoup plus de temps pour être visité, mais il s’agit plus d’une « escale » avant de prendre l’avion pour le Brésil depuis la capitale Quito. La métropole se situant à 2800 mètres d’altitude et étant entourée de hauts sommets, nous décidons de profiter de ce passage andin et de notre acclimatation à l’altitude pour tenter l’ascension du volcan Cotopaxi (il s’agit du plus haut volcan actif au monde), qui culmine à 5897 m. Ce sera le début d’une longue série de rebondissements…

L’arrivée à Quito

Dès notre arrivée à Quito, nous partons donc à la recherche d’une agence nous permettant de profiter d’un équipement adéquat et d’un guide qualifié pour l’andinisme (et oui nous ne sommes pas dans les Alpes!). Mais nous nous rendons vite compte que les prix sont trop élevés pour notre bourse de voyageurs au long cours. Nous ne désespérons pourtant pas, et nous renseignons sur la possibilité de trouver du matériel et un guide à un prix moins prohibitif depuis l’entrée du parc national du volcan Cotopaxi. Après plusieurs informations convergeant dans ce sens, nous prenons un bus le lendemain matin pour l’entrée du parc, mais la première surprise nous attend en arrivant : le guide nous demande le même prix qu’à Quito (200 dollars pour 24 heures, cela nous paraît cher, d’autant plus que nous n’avons pas l’assurance qu’il s’agit d’un guide qualifié), et surtout il n’y a pas de possibilité de location d’équipement de montagne sur place… Nous sommes déçus, mais décidons tout de même de nous rendre au refuge facilement accessible d’où démarre l’ascension, qui se situe à 4864m.

Le volcan a une forme conique parfaite, et c’est assez impressionnant de près! Arrivés au refuge, nous discutons avec un ouvrier qui y travaille, et il nous affirme que l’ascension n’est pas technique, et que si nous avons un peu d’expérience en montagne, il ne devrait pas être trop difficile de l’effectuer sans guide. Ludo est le premier à penser qu’il est encore temps de revenir le lendemain (ce qui est notre dernière possibilité étant donné que nous repartons le samedi matin de Quito) avec du matériel adéquat…
Et arrivés à Quito, nous nous rendons dans un magasin de location de matériel pour être prêts pour notre retour au refuge le lendemain. Petit détail apparemment sans importance à ce moment, une discussion animée éclate entre nous deux, Camille ayant « un mauvais pressentiment » quant au fait de retourner au volcan le lendemain… mais ça ne doit être qu’une inquiétude passagère, alors elle se raisonne et nous partons avec le matériel prêts à en découdre.

Quant le sort s’acharne…

Le lendemain, nous voilà prêts pour nos deux heures de trajet jusqu’à l’entrée du parc. Nous voyons le matin à la télévision qu’il semble y avoir des incidents dans la capitale liés à la protestation de la communauté indigène face au gouvernement en place (pour ceux qui voudraient en savoir plus c’est ici), sans y prêter plus attention que ça…
Et pourtant, en prenant le taxi pour nous rendre au terminal de bus, nous apprenons que la grève est bien plus importante que nous le pensions ; il est en effet impossible de quitter la ville pour se rendre au sud, en raison de nombreux blocages routiers pouvant d’ailleurs dégénérer… Il nous est fortement déconseillé de nous rendre au terminal, et nous suivons bien évidemment ces recommandations de prudence malgré notre déception.

Nous changeons donc nos plans, et passons la journée à visiter la ville sous tension, où nous croisons des hordes de policiers – qui semblent d’ailleurs bien plus nombreux que le groupe de manifestants rassemblés devant le palais présidentiel. Nous sommes tout de même sous le charme de la ville, qui malgré sa taille (8 kilomètres de large pour 60 du nord au sud!) présente des quartiers tranquilles et un joli centre historique.

Epilogue volcanique : la bonne étoile

Pour notre dernière journée équatorienne, nous décidons de faire la « marche de consolation » qui nous mène au volcan Rucu Pinchincha, se trouvant au-dessus de la ville à plus de 4700 mètres. Nous partons de 3100 mètres pour une longue marche, et arrivons au sommet sans la moindre visibilité au milieu des nuages…

On aperçoit au loin la zone où se situe le volcan Cotopaxi… qui semble dans les nuages lui aussi. On se console comme on peut en se disant que de toute façon l’ascension se serait faite dans de mauvaises conditions…
Jusqu’à ce que l’on apprenne en redescendant que cet épais nuage était en réalité le résultat des cendres s’échappant du volcan!! Oui, « el gigante durmiendo » comme on le surnomme ici (entendez par là Le géant qui dort) que nous voulions grimper à tout prix s’est réveillé cette nuit après plus de 73 ans de sommeil! Deux explosions ont retenti à 4 heures du matin (soit l’heure à laquelle nous aurions dû être en pleine ascension), sans victime mais ayant entraîné la peur de leur vie aux 6 alpinistes du jour y ayant assisté.

Premières images de l'éruption de ce matin

Comme quoi le destin fait parfois bien les choses… Nous espérons seulement pouvoir prendre l’avion comme prévu demain matin malgré l’important nuage de cendres qui s’abat sur la ville. Affaire à suivre donc!

PS : félicitations aux courageux qui sont arrivés jusque là!

    6 Commentaires

  1. Bien jouée la grève… belle rando de consolation quand même !

    PS : ce sont des alpinistes ou andinistes alors

    • On dit qu’on fait de « l’andinisme », donc tu as raison on doit appeler les gens qui en font des « andinistes » (ça sonne un peu bizarre quand même).

  2. Salut les rescapés ! Ohlala qu’elle chance ! Comme quoi, on a encore un sixième sens malgré la modernité…. Gros bisous

  3. heureuse coïncidence! Le flair de Camille ferait rêver Plus d un voyant !! Bon vol à tous les 2.

    • Merci Marjorie! Oui bizarre quand même ce pressentiment, d’autant plus que je suis loin d’être superstitieuse en général!

      • C’est l’intuition féminine Ludo ! lol
        En tout cas, cela a dû vous faire froid dans le dos ! Vous avez une bonne étoile qui vous accompagne.

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