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La longue traversée du désert

on 17 Juin, 2015

Après une dizaine de jours passée à la ferme de la famille Cooper à Pahrump, nous voilà repartis sur les routes à vélo en direction de Los Angeles, notre étape finale aux Etats-Unis. Nous devons donc traverser le désert avant de retrouver les terres moins hostiles de la côte pacifique. Et au mois de juin, ce n’est pas une mince affaire, même après avoir vaincu Death Valley… Malgré notre expérience en matière de vélo en itinérance, nous étions loin de réaliser la difficulté qui nous attendait en nous élançant paisiblement depuis Pahrump il y a 6 jours. Dès la première journée, nous nous retrouvons dans un décor désertique sans l’ombre d’un brin d’air. Nous commettons l’erreur de nous arrêter pour déjeuner dans une inespérée et trop tentante cabane ombragée, au lieu d’avancer un maximum avant que le mercure ne grimpe trop haut. Nous devons pourtant achever les 135 kilomètres prévus pour cette journée si nous voulons atteindre la prochaine (et première) ville et ne pas terminer desséchés au bord de la route, et ce d’autant plus que nos réserves en eau pourtant importantes s’amenuisent à vue d’œil (nous portions à nous deux près de 10 litres d’eau !). Les deux dernières heures par plus de 45 degrés sont vraiment épuisantes, nous avions sous-estimé ce soleil qui tape si fort. Même le matériel semble souffrir, puisqu’un rayon de la roue de Ludo rendra l’âme soudainement… pas grave, il en reste encore 31, ils tiendront bien le coup jusqu’au prochain magasin de vélo que nous devrions trouver sur notre route dans quelques jours. Après cette première journée déjà bien éprouvante, l’arrivée dans la petite bourgade de Baker, dans un monde climatisé et pourvu de boissons fraîches n’en aura été que plus belle… c’est fou comme on savoure les moindres petits plaisirs dans ces conditions (la perspective d’un coca frais était notre seul objectif pendant plusieurs heures) ! C’est décidé, nous partirons à l’aube le lendemain matin. Nous quittons donc notre site de bivouac sauvage un peu avant 6h, après une nuit rendue difficile une fois de plus à cause de la chaleur et surtout du rayonnement du sol. Nous partons en direction du désert qui forme le parc national de Mojave, avec en prime...

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Pahrump, la ville de rien

on 09 Juin, 2015

C’est un peu brut, mais pourtant bien vrai : à Pahrump, on n’y vient pas pour faire du tourisme. La ville a d’ailleurs été créée à partir de rien il y a un quelques décennies par des investisseurs proposant des terrains à acheter à des prix extrêmement attractifs. Mais alors que sommes-nous venus faire dans cette ville de 30000 âmes perdue au milieu du désert? Nous reposer après 3 semaines de vélo avant de repartir les batteries rechargées, et découvrir justement la « vraie Amérique » au travers d’un volontariat dans une petite ferme familiale. Loin des villes où les modes de vie sont plus standardisés, nous découvrons ici une autre facette des Etats-Unis au-delà de la carte postale, avec ses bons et ses moins bons côtés. Nous sommes accueillis dans la famille de Roger et de Dona, deux sexagénaires dévoués à leurs 8 enfants qui ne leur rendent pas toujours la vie facile, mais aussi à leurs 12 chats (sans parler des 5 chatons), 60 poules, cheval, chèvre, mouton, chien qui occupent bien les journées. Hormis les tâches quotidiennes de nourrissage des animaux, de récolte des œufs et d’arrosage du potager, nous avons passé le plus clair de notre temps à faire des travaux dans la cuisine familiale qui n’avait jamais été terminée. En dehors de ces heures de labeur quotidiennes dans la chaleur matinale de cette région si aride (il y pleut en effet seulement 100mm par an!), rien de bien palpitant à faire à Pahrump. La ville très étalée se présente sous la forme de grandes artères où l’on ne circule qu’en voiture sans voir la moindre silhouette humaine au-dehors, et ne dispose en effet d’aucune distraction autre que des casinos en-veux-tu-en-voilà (on trouve des machines à sous jusque dans les pharmacies!), des supermarchés dignes des plus grands centres urbains, et des fasts food au nombre incalculable. Autant dire qu’il faut être solide pour ne pas devenir dépressif ni obèse à la longue (rassurez-vous on n’est pas restés assez longtemps pour ça)… fléau que malheureusement peu d’habitants ont réussi à éviter. La nourriture que nous avons eue à la maison était d’ailleurs assez représentative de cette malbouffe américaine qu’on montre tant du doigt : des snacks à longueur de journée, et un...

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Bryce canyon

on 02 Juin, 2015

Deuxième halte de notre parcours touristique, le parc de Bryce canyon, dans l’Utah. Ici encore, les paysages sont impressionnants, et certainement plus singuliers même. Ces roches orangées en forme de cheminées représentent un décor à part, très différent de tout ce que l’on a vu jusque là, et c’est vraiment un coup de cœur pour Camille (d’où les photos plus nombreuses que d’habitude!). Notre visite du parc se sera ici aussi tournée vers la randonnée au milieu de ces scènes colorées, ainsi que par l’observation du spectacle des couchers et levers de soleil sur ces drôles de cheminées. Les Etats-Unis n’en finissent décidément pas de nous surprendre et de nous émerveiller niveau paysages… Avec une densité de population très faible et d’immenses territoires où la nature est reine, on est très loin du cliché d’un pays essentiellement...

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Le Grand Canyon

on 02 Juin, 2015

Après l’effort, le réconfort! Julien repartant dans quelques jours, nous avons laissé nos vélos au garage 4 jours pour parcourir l’immense territoire américain sans faire chauffer nos cuisses… entendez par là en voiture tout simplement. Nous avons réalisé environ 1200 kms en 4 jours (soit presque autant qu’en 14 jours de vélo!) afin de nous rendre sur différents sites dans les Etats du Nevada, de l’Arizona, et de l’Utah. Notre première étape s’est déroulée dans le parc national du Grand Canyon, un stop quasi incontournable pour les voyageurs du grand ouest américain. Le site mondialement connu présente en effet d’impressionnantes falaises au fond desquelles le fleuve Colorado a creusé son lit ces 60 derniers millions d’années (rien que ça). En résultent des paysages spectaculaires, notamment en raison de la hauteur des plateaux surplombant le canyon (plus de 2600m d’altitude tout de même, contre à peine 1000m « en bas »). Redevenus des « touristes lambda », nous nous sommes associés à la foule de visiteurs – cependant relativement modérée – en descendant une partie du canyon en randonnée, avant de repartir le soir même en direction de notre deuxième parc. Les distances sont en effet tellement grandes aux Etats-Unis que même en voiture, il vaut mieux ne pas trop traîner en route si l’on veut avoir le temps de voir plusieurs choses...

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Death Valley, un monde sans ombre

on 28 Mai, 2015

Nous voilà partis pour 3 étapes qui s’annoncent éprouvantes, puisqu’après avoir eu très froid en montagne, nous nous apprêtons à affronter les températures les plus chaudes des Etats-Unis… Nous avons en effet opté pour l’option « quatre saisons » en moins d’une semaine : après la saison printemps-automne à Yosemite et l’hiver au Tioga pass, nous voilà sous une canicule estivale! Death Valley (littéralement « la vallée de la mort »), au-delà de son nom peu hospitalier, est un désert ayant la particularité de passer sous le niveau de la mer. Nous allons traverser ses terres arides afin d’atteindre le Nevada qui se trouve à l’est du désert, et peut-être aussi avec une pointe de défi plus ou moins avoué. Pas entièrement inconscients, nous avions tout de même vérifié préalablement les températures moyennes au mois de mai, et il s’avère qu’il s’agit de la dernière période de l’année où il est possible de s’y rendre à vélo avant la véritable fournaise de l’été… Mais avant d’arriver dans la fameuse vallée, il nous faut grimper deux rangées de montagnes avec des cols culminant à 1700m le premier jour, avant de redescendre à 600m dans une vallée déjà très désertique, puis de grimper à nouveau à près de 1500m avant la longue descente finale vers la véritable Death Valley. Les 200 miles qui couvrent nos 3 étapes dans ce désert sont un véritable no man’s land où l’ombre n’existe pas et nécessitent par conséquent une bonne organisation : pas de nourriture ni d’eau pendant plusieurs dizaines de miles, alors que le mercure atteint parfois plus de 40 degrés… Le premier jour, bien qu’il ne soit pas le plus difficile sur la carte puisque nous partons déjà de 1200 m d’altitude avec une température par conséquent plus supportable, est particulièrement usant mentalement, et pour cause, nous devons affronter un fort vent de face et d’interminables lignes droites. Faute de village à l’horizon entre le départ de notre camping et le prochain se trouvant 90 kms plus loin, nous devons également porter l’eau et la nourriture pour la journée. A midi, aucun arbre à l’horizon et pas la moindre trace d’ombre, nous montons donc la tente pour trouver un semblant d’air. Le lendemain, nous partons de notre station service...

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